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Poste au solvant : ce que la sécurité impose en Suisse

Le couvercle d'une benzinière est tenu par une pièce de cuivre qui fond. Si le solvant s'enflamme, elle cède et le couvercle retombe seul. 

Benzinière Geiger rectangulaire en inox, couvercle relevé retenu par ses fusibles en cuivre, tamis perforé

Sur une benzinière, le couvercle n'est pas là pour garder le solvant propre. Il est maintenu ouvert par une pièce de cuivre qui fond à basse température. Si le contenu s'enflamme, elle cède, le couvercle retombe de lui-même et le feu s'étouffe faute d'air. Une sécurité purement mécanique, qui fonctionne sans électricité et atelier vide.

Le couvercle qui se referme seul

Une sécurité qui n'a besoin de personne en service en cas d'inflammation fusible cuivre tamis solvant le fusible a fondu plus d'air le solvant reste accessible les flammes sont privées d'air Le fusible est une pièce d'usure : il ne se répare pas, il se remplace.
La sécurité ne fonctionne qu'une fois. Après un déclenchement, ou après avoir été déformée, la pièce de cuivre est à changer avant remise en service.

Trois vérifications suffisent, et elles prennent dix secondes. Le couvercle retombe-t-il librement, sans point dur ni charnière grippée ? La sécurité en cuivre est-elle en place et non déformée ? Le tamis repose-t-il correctement, pour que les pièces ne baignent pas au fond dans les dépôts ?

Le geste qui annule tout. Une benzinière dont le couvercle est calé ouvert par un chiffon, un tournevis ou une pièce n'est plus une benzinière. C'est un récipient ouvert de solvant inflammable posé sur un établi. Le calage est le premier point que cherche un inspecteur, parce que c'est le plus fréquent.

Pourquoi 30 °C est le seuil qui compte

La SUVA fixe une frontière nette : un liquide inflammable devient dangereux dès que son point d'éclair est inférieur à 30 °C. En dessous, il se forme au-dessus du liquide un mélange de vapeur et d'air qui peut exploser. Une flamme d'allumette, une surface chaude ou une étincelle de décharge électrostatique suffisent alors.

Points d'éclair et seuil de danger en dessous de 30 °C, un mélange explosif se forme à température ambiante zone dangereuse au sens SUVA seuil 30 °C benzine isopropanol white spirit inférieur à 0 °C environ 40 °C −10 0 10 20 30 40 50 °C Valeurs indicatives. Le point d'éclair de votre produit figure en section 9 de sa fiche de données de sécurité.
La benzine est très loin sous le seuil. Substituer un solvant plus lourd réduit le risque, mais l'isopropanol reste lui aussi en dessous des 30 °C.

Le même point d'éclair sert ensuite à autre chose. La protection incendie s'en sert pour classer les liquides : jusqu'à 23 °C ce sont les classes 1 et 2, de 23 à 60 °C la classe 3, au-delà de 60 °C il n'y a plus de classification. C'est cette classe qui déterminera les quantités que vous avez le droit de garder.

Les vapeurs coulent au sol

C'est le point que la SUVA formule le plus clairement, et le plus contre-intuitif. Les vapeurs de solvant sont plus lourdes que l'air, invisibles, et se répandent sur le sol comme des liquides. Elles ne montent pas, elles descendent, franchissent le bord de l'établi et cheminent au ras du sol jusqu'à trouver une source d'inflammation à plusieurs mètres.

Les vapeurs ne montent pas, elles descendent benzinière source d'inflammation Prise, rallonge, meuleuse, chauffage d'appoint, caniveau : la source peut être à plusieurs mètres. Regarder au niveau du sol, pas à hauteur d'homme.
C'est pourquoi un poste au solvant ne se juge pas debout. Il se juge accroupi : ce qui compte, c'est ce qui se trouve au ras du sol dans un rayon de plusieurs mètres.

Le piège des chiffons. Un textile imbibé de solvant ou d'huile, entassé dans un seau ouvert, peut s'auto-échauffer par oxydation jusqu'à l'inflammation, sans aucune source extérieure. Il se collecte dans un récipient métallique à couvercle. Jamais dans un carton, jamais dans un sac.

Seuil de 30 °C et comportement des vapeurs d'après la SUVA, dossier sur les liquides inflammables. Quantités et classes de liquides d'après la prescription de protection incendie AEAI 26-15 « Matières dangereuses ». Élimination d'après l'ordonnance sur les mouvements de déchets, RS 814.610. Points d'éclair indicatifs. Cet article informe et ne constitue pas une évaluation de conformité : les mesures applicables dépendent du produit employé, des quantités et du local. La SUVA et votre organe cantonal d'inspection répondent aux entreprises.

Questions fréquentes

Quelle quantité de solvant peut rester au poste de travail ?
Le besoin de la journée. Au-delà, il s'agit juridiquement de stockage, et la quantité admise dépend alors de la classe du liquide inflammable et des équipements de protection incendie du local, selon la prescription de protection incendie AEAI 26-15, chapitre 3.4.
Où ranger un bidon de solvant entre deux utilisations ?
Dans un récipient fermé, placé dans une armoire ventilée résistante au feu et posé sur un bac de rétention, hors des voies de fuite et à l'écart de toute source d'inflammation. La liste de contrôle SUVA 67071 sur le stockage des liquides facilement inflammables permet de le vérifier point par point.
Comment éliminer un bain de benzinière usé ?
Un bain de solvant usé est un déchet spécial : il se remet à une entreprise autorisée, accompagné d'un document de suivi numéroté, conformément à l'ordonnance sur les mouvements de déchets, RS 814.610. Il ne doit jamais être versé à l'égout ni jeté avec les ordures.
À quelle fréquence changer le solvant d'une benzinière ?
Aucune règle ne fixe de fréquence : le changement se juge au résultat, soit un trouble persistant, un dépôt qui reste sur le tamis, ou un film gras après séchage. Attendre ne fait pas d'économie, car un bain saturé nettoie moins bien et concentre les contaminants.
À quoi sert la pièce de cuivre sur le couvercle d'une benzinière ?
C'est un fusible : il maintient le couvercle relevé et fond si le solvant s'enflamme, ce qui laisse retomber le couvercle et prive les flammes d'air. C'est une pièce d'usure, à remplacer après un déclenchement ou une déformation.
Pourquoi les vapeurs de solvant sont-elles dangereuses au ras du sol ?
Les vapeurs de solvant sont plus lourdes que l'air et invisibles : elles descendent le long de l'établi et se répandent au sol comme un liquide, jusqu'à atteindre une source d'inflammation située à plusieurs mètres. Un poste au solvant se contrôle donc accroupi, pas debout.

Normes citées

  • AEAI 26-15
  • SUVA 67071
  • OMoD RS 814.610